Le chant noir des baleines

Concert narratif sous casque

d'après le roman de Nicolas Michel

Création 2027-2028

 

 

DOSSIER

 

1920, Île de Ré. Léon vit seul avec sa mère depuis que son père est parti à la guerre et n'en est pas revenu. De peur qu'on ne l'enrôle à son tour, sa mère ne l'envoie pas à l'école et mère et fils vivent coupés du monde. Léon pêche, ramasse des coquillages et s'invente des aventures, assis sur le dos d'une carcasse de baleine.

Un matin, après une tempête, Léon trouve un homme inanimé sur la plage. Tierno va retrouver peu à peu la mémoire, raconter comment il a été arraché à sa famille au Sénégal pour aller faire la guerre comme tirailleur et comment son navire a chaviré alors qu'il repartait vers son pays. Léon et Tierno nouent une véritable amitié. Lorsque le tirailleur est convoqué pour témoigner sur le naufrage, les habitants oscillent entre racisme et bienveillance.

Ce récit est basé sur l'histoire réelle du paquebot "Afrique", qui a coulé le 12 janvier 1920 au large de l'Ile de Ré. Ce navire civil à destination du Sénégal et d’autres colonies francophones, avait à son bord 602 personnes. 568 personnes périrent, dont 179 tirailleurs sénégalais.

Par cette adaptation, nous souhaitons retranscrire ce récit poignant, à la croisée de l’intime et de l’Histoire.

D’un côté, le récit d’une mémoire oubliée et invisibilisée : celle des tirailleurs sénégalais, arrachés à leur pays et leurs familles, engagés de force dans un conflit dont ils ne connaissent rien, contraints de combattre des inconnus.

D’un autre côté, le récit donne à voir une histoire d’amitié entre deux personnages en marge de la société, Léon et Tierno, que tout semble opposer. La relation qu’ils tissent occupe une place centrale dans le récit, et leur permet de se réparer, de se reconstruire et de faire face à leurs traumatismes liés à la Première Guerre mondiale.

Enfin, l’histoire est abordée à hauteur d’enfant, offrant un regard à la fois sensible et direct, qui permet de traiter des thématiques du déracinement, de la place de l’individu dans l’Histoire, mais aussi une réflexion plus globale sur l’altérité, l’acceptation de la différence, la difficulté à trouver sa place et la solidarité.

Depuis la création de L’Histoire de Clara, la compagnie utilise le casque non comme un simple outil de diffusion mais comme un espace dramaturgique, dans lequel le récit et la création musicale se tissent au plus près de l’intime.

Avec le casque, la voix de la comédienne nous murmure le récit au creux de l’oreille, les paysages sonores et la musique nous traversent et font naître des images et des émotions. Le dispositif abolit la distance artistes – spectateurs et crée une expérience à la fois intime et partagée.

Revenir à ce dispositif, c’est à la fois s’inscrire dans une continuité artistique et réaffirmer notre nécessité de proposer des formes sensibles et accessibles pour raconter des histoires, et au-delà, interroger le monde.

 

Avec Alice Lestrat (voix parlée), Pierre Badaroux (contrebasse, basse, electronic live,...) et Nicolas Larmignat (percussions, electronic live,...)