A l’impossible on est tenu

Concert poétique sous casques

Commande pour le 14ème Printemps des poètes, 2012

 

«A l’impossible on est tenu», est un florilège de poèmes sur et pour l’enfance.
Le montage de textes, nous donne à entendre des poèmes de Nazim Hikmet, Andrée Chedid, Guy Tirolien, David Dumortier, Jean-Pierre Verheggen, Léon-Gontran Damas, Norge, Victor Hugo, Roberto Juarroz, Alain Bosquet, Philippe Jaccottet...
Musiques et sons, associés au texte, offrent une résonance particulière aux mots, à ce qu’ils véhiculent de témoignage, de poésie, de narration...

Transformer les mots, transformer les sons, transformer l’écoute des mots et des sons et donner ainsi à la poésie toute sa force sonore, toute sa dimension de possible vagabondage. Par un dispositif hors normes, rendre la possibilité d’un «lâcher prise», offrir un temps dans lequel chacun peut ainsi accepter d’abandonner le sens à l’émotion, le quotidien à l’onirisme. Les transformations mises en oeuvre recoupent tout autant l’utilisation des objets de traitements contemporains (lutherie électronique) que celle de «simples» micros et casques, offrant ainsi, via l’analogique et le numérique, un terrain de rencontre à la musique, aux sons et aux mots.
Les poètes sont les électro-acousticiens de la langue. Ils font sonner les mots de notre quotidien autrement, ils les utilisent différemment, ils les mixent, les assemblent en des combinaisons étonnantes. En associant instruments acoustiques et électroniques, sons réels et abstraits, nous transformons pour faire entendre différemment, nous associons et mixons des quotidiens et des cultures réels ou imaginaires.
Par une proposition d’écoute résolument différente, nous permettons une attention autre, dans laquelle toutes les transformations musicales, sonores, langagières sont abordées sereinement, sans à priori…puisque radicalement différentes.
Lorsque texte, musique et sons se nourrissent réciproquement, de leur production simultanée, de chemins parallèles, de contre-champs, sans s’illustrer les uns et les autres, mais respectueusement de leur forme, de leur sens, de leur sons, ainsi nous rendons possible une écoute différente de ces objets que sont la poésie, la musique instrumentale, l’électroacoustique, sans négliger pour autant la mélodie et la narration.
Mots, musiques et sons cheminent de concert, comme un même souffle, s’entremêlent plutôt que se répondent.

  • « Apprenti du silence », Jean-Pierre Siméon, La nuit respire, Cheyne éditeur, 1987
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  • « Dis papa… », Philippe de Boissy, Où dorment les baleines, Motus, 1994
  • « Ses huit ans », David Dumortier, La Clarisse, Cheyne éditeur, 2000
  • « Mehdi aime les roses roses... », David Dumortier, Mehdi met du rouge à lèvres, Cheyne éditeur
  • « Extase », Kiki Dimoula, Revue Phoenix, N °2, 2011
  • Extrait « Vladimir : c’est des increvables… », Jean-Pierre Verheggen, Du même auteur chez le même éditeur, Gallimard
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  • « Toi, moi et lui », Mou’ln Bissou , La poésie palestinienne contemporaine, traduction Abdellatif Laâbi, Le temps des Cerises
  • « La plus drôle des créatures », Nazim Hikmet, C’est un dur métier que l’exil, Le temps des cerises, 1989
  • « L’même, l’même », Sipho Sepamla, Poèmes d’Afrique du Sud, Actes Sud
  • « Pour sûr », Léon-Gontran Damas, Pigments, Guy Lévis Mano, 1937, Présence Africaine, 1962
  • « Prière d’un petit enfant nègre », Guy Tirolien, Balles d’or, Présence africaine, 1943« Le plus beau vers de la langue française », René de Obaldia, Innocentines, Grasset, Les Cahiers rouges, 1991
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  • « Au cirque », Norge, Œuvres poétiques, Seghers, 1978
  • « Ce que dit le public », Victor Hugo, L’art d’être grand-père
  • « On peut se tromper », Norge, Poésies, Gallimard
  • « C’est normal !… » , Jean-Pierre Verheggen, Ridiculum vitae, Gallimard
  • « Ne dites pas disez en disant… », Jean-Pierre Verheggen, Ridiculum vitae, Gallimard« Nudité brève », Jean L’Anselme, Con comme la lune, Rougerie
  • Extraits de Remarques de Nathalie Quintane, Cheyne éditeurTexte inédit de Jean-Pierre Siméon pour Dis-moi dix mots
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  • « 52- Aujourd’hui je n’ai rien fait… », Roberto Juarroz, 13e poésie verticale, José Corti
  • « Jeunesse », Andrée Chedid, Poèmes pour un texte, Flammarion
  • « L’enfant d’Hiroshima grandit », Jacques Gaucheron, Sous le signe d’Hiroshima, Le Temps parallèle, 1985
  • « Raconte-moi le passé », Alain Bosquet, Le cheval applaudit, Gallimard, 1977
  • « Criez criez », Paul Valet, Paroxysmes, Le Dilettante, 1988
  • « Eh messieurs ! », Vladimir Maïakovski, Poèmes, Messidor
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  • « Arrête-toi, enfant… », Philippe Jaccottet, A la lumière d’hiver, Gallimard, Folio, 2011
  • « Les chercheuses de poux », Arthur Rimbaud
  • Extraits de Je sais, Ito Naga, Cheyne éditeur

 

Distribution

Célia Galice, dramaturgie
Pierre Badaroux, Catherine Delaunay, Laurent Sellier, composition musicale et sonore
Avec
Arnaud Decarsin et Guillaume Durieux : voix parlées
Pierre Badaroux, Catherine Delaunay, Laurent Sellier : clarinette, contrebasse, ordinateur, percussions, ukulélé, scie musicale, harmonium, jouets et objets, voix...

Ce spectacle a été créé le 18 mars 2012 au Musée du quai Branly, à Paris, pendant le 14e Printemps des Poètes, comme spectacle emblématique de la manifestation. Celle-ci est le fruit d’une collaboration entre les deux structures à travers un désir commun de faire entendre la poésie, autrement.